mercredi 23 décembre 2009

Quadrature

Et voilà, c'est Noël, il y a la neige, je suis en vacances, c'est inédit, et, de surcroît, très apprécié. Cette fois encore j'ai tenté, en vain de modérer les ardeurs familiales en matière de présents. En vain. Malgré tout, à reculons, j'ai pu dénicher quelques trouvailles qui j'espère sauront satisfaire l'insatiable fibre de nécessité consommatoire de mes contemporains. Un peu d'indulgence; je ne suis pas grinch mais les fêtes sont pour moi davantage un espace de réflexion, un carrefour giratoire dans lequel il devient nécessaire de chercher la voie suivie et la départager de celle à venir, qu'un gargantuesque festin ou qu'une orgie de cadeaux que-le-meilleur-gagne...

Cela dit, ma balade festive est trop souvent semblable, année après année; dernière fin de semaine disponible avant le réveillon, j'arpente Ste-Cath de Berri à Peel... puis reviens sur mes pas avec mes achats, presto. J'en suis au complexe Desjardins, face à l'éternel chantier qu'est devenu la place des Arts. J'arpente mon ipod pour la suite de la route. Pour moi, en rétrospective, sans doute 2009 fut l'un des plus fastes millésimes musicaux récents. Dans mes oreilles, cependant, un Yann Tiersen déjà suranné écrit pour le film Goodbye Lenin. La touche de l'accordéon semble étrangement guider la chute des fins cristaux qui s'empilent au sol. Je lève la tête, debout en plein centre du cercle de pavés que, certainement, aucun convive du bal débile, n'a de temps pour remarquer. Donc, conscient de la chance que j'ai d'être immobile, je m'arrête un peu, je ferme les yeux et tourne sur moi-même le temps d'une chanson. Qu'importe, en ce moment, je, quidam des quidams, n'ai plus vingt ans; je n'en ai pas quatre-vingt non plus. On a toujours la vie devant soi quand on s'arrête pour faire le point sur celle qui, déjà, fuit derrière nous.