dimanche 21 février 2010

Question d'approche

J'aime ces moments de l'année, plutôt des années, où les Dion, Foglia et autres Demers, passent à l'avant-scène des médias. Ces maîtres de la matière olympique s'interrogent et se questionnent, la plupart du temps, rapport au sport, position oblige mais également, visibilité oblige, rapport à nos nombrils, se font, donc, en quelque sorte, des anthrobservateurs sur fond de style propre, déjanté. Garnotte aussi y met du sien et se paie un podium des belles-mères du PQ, belle image!

Un instant, l'actualité change de point de vue; différemment, on parle de français au ROC, d'indépendance, de démocratie, le tout pendant que nos parlementaires se votent des vacances malgré eux ou non... C'est la saison des débats et peu de ceux qui décident de notre avenir commun n'y prennent part, c'est ironique mais ça fait du bien!

Dans le récent tourbillon de manifestes, lettres d'opinion et réponses aux réponses, la question du pluralisme, multiculturalisme et autres accommodements échauffe les grands esprits. Question d'approche, certains apportent un nouvel éclairage au "problème". Ainsi, à l'ombre de l'arbre à palabres, Robert Mager, professeur en théologie, observe d'un angle nouveau dans son texte intitulé Les deux yeux de l'ouragan. Question d'approche, d'èthos, il nous fait simplement remarquer que la rationalité n'a probablement pas toujours lieu d'être dans ces débats. En vérité, je vous le dis, le débat ne peut pas se faire dans les journaux ou les commissions d'enquête. Je décide donc de privilégier une approche communautariste basée sur l'action, l'expérience et la discussion et je réfléchis à des moyens pour faire évoluer le tout à mon échelle de simple citoyen. À suivre...

dimanche 24 janvier 2010

Mamori

Sans avoir ni l'expertise, ... ni la prétention de faire ici de moi un critique artistique, voici quand même un récit de mon dernier voyage:

J'ai récemment visité l'exposition Cubes, blocs et autres espaces présentée au MACM. Le site du musée parle d'une réflexion sur la ville et le quotidien. Difficile de croire en ce fil conducteur à la vue des oeuvres qui y sont présentées. On distingue cependant une cohérence quant à la méthode, aux matériaux, à la vision proposée qui porte sur le matérialisme de la création au sens physique. Ce qui me meut toujours dans l'art visuel est justement sa capacité à transmettre des émotions, sans doute très personnelles, au travers de ces blocs que l'artiste dispose de manière à susciter quelques impressions chez le spectateur, ce qui est particulièrement vrai dans le cas de l'art contemporain. Ici, donc, la démarche artistique, les moyens, sont au premier plan et forment en quelque sorte la finalité recherchée.

Conjointement, on nous propose une autre expérience dans la série Projections: Mamori, un court-métrage de Karl Lemieux qui met en scène la musique de Francisco Lopez à travers un film d'animations abstraites où on ne distingue absolument rien de précis. Le sujet en est la forêt amazonienne, dans la trame sonore du moins, le sujet y est abordé de façon on ne peut plus explicite; le défilement des images par contre, requiert une plus grande persévérance de la part du spectateur.

L'exploration de cette nature plus grande qu'elle se fait par l'expression macroscopique du mouvement dans un cadre monochrome déconcertant lorsque mis en relation avec le spectre tropical. On perçoit toute l'ambivalence de Pachamama , entre puissance et calme qui transpire partout dans cet environnement hostile à travers un orage torrentiel, diluvien, nocturne et diurne.

Seulement que serait cette luxuriance n'eût été de la faune omniprésente qui, par volonté artistique ou vision divergente se trouve repoussée à l'arrière-plan, en ostinato . Par conséquent, le soliste est manifestement la tempête et tout dans le film s'accorde pour lui laisser l'avant-scène. La durée totale ne dépassant pas les 10 min, j'ai écouté quelques fois en boucle. Et c'est là, dans la répétition, qu'apparaît l'essence même du court-métrage de Lemieux; la vision circadienne de cette forêt tellement vivante, rythmée et fragile. Mamori, un lac dans la jungle brésilienne est le théatre de cette création mais c'est aussi un mot japonais qui signifie protection. Tout le message est là !

dimanche 3 janvier 2010

MV ou le mécénat global ?

À quoi donc ressemblera la prochaine décennie en ce qui concerne le téléchargement de musique, films, livres et quoi encore (légal ou non)? Je me souviens encore qu'au tournant du siècle, il n'y a pas si longtemps, j'utilisais une connexion par modem téléphonique fournie par l'université (10 hrs/mois) qu'on se partageait entre colocs et qui suffisait à peine à nous permettre de lire nos courriels, chronique d'un temps révolu...

Ainsi, avec un iota de système-D, aujourd'hui, on arrive aisément à trouver ce qu'on cherche, parfois beaucoup plus; vraiment, qui a besoin de la discographie complète d'AC/DC? On a bien tenté d'adopter un cadre législatif tel que HADOPI en France ou des accords décentralisés entre les FAI (fournisseur d'accès internet) et les maisons de production aux USA (plus). Ici, notre grand pays reste encore, ô surprise, très axé sur des mesures archaïques en ce qui a trait au téléchargement illégal. Il conviendrait alors de poursuivre la réflexion sur nos réels besoins en matière de consommation artistique, sans doute actuellement très néfastes pour le paysage culturel de la société québecoise; le sentiment de culpabilité de l'homo sendentaris se voyant probablement atténué par le côté immatériel inhérent à un fichier informatique et la molesse pas-possible de nos gouvernements davantage intéressés par la survie de la langue de bois que de celle de Molière ou de Falardeau...

Pendant qu'on est encore à élaborer les fondements du mécénat global, certains musiciens voguent très bien sur la planète web pour se faire connaître via You Tube et ses dérivés ou en téléchargement gratuit, encore faut-il qu'il trouvent d'autres moyens de s'en mettre un peu dans les poches. Le domaine du livre numérique, bien qu'embryonnaire et peu avantageux saura bientôt, je l'espère, se tailler une petite place chez ceux pour qui les pages (avant-gardistes?) n'ont aucun charme.

Dans un avenir pas si lointain, sans doute des pirates moraux prendront en otage, non pas à l'aide d'une barque au large des côtes somaliennes mais bien campés dans leurs fauteuils, notre précieuse machine pour en faire disparaître tout le contenu illégitime. D'ici là, voici quelques propositions de téléchargements gratuits... et légaux:

Misteur Valaire *** si vous aimez, MV propose justement une forme de mécénat pour leur nouvel album... à suivre
D-Sisive
Domino Records

Ebooks libres
Gallica BNF
Classiques de sciences sociales
Projet Gutenberg

mercredi 23 décembre 2009

Quadrature

Et voilà, c'est Noël, il y a la neige, je suis en vacances, c'est inédit, et, de surcroît, très apprécié. Cette fois encore j'ai tenté, en vain de modérer les ardeurs familiales en matière de présents. En vain. Malgré tout, à reculons, j'ai pu dénicher quelques trouvailles qui j'espère sauront satisfaire l'insatiable fibre de nécessité consommatoire de mes contemporains. Un peu d'indulgence; je ne suis pas grinch mais les fêtes sont pour moi davantage un espace de réflexion, un carrefour giratoire dans lequel il devient nécessaire de chercher la voie suivie et la départager de celle à venir, qu'un gargantuesque festin ou qu'une orgie de cadeaux que-le-meilleur-gagne...

Cela dit, ma balade festive est trop souvent semblable, année après année; dernière fin de semaine disponible avant le réveillon, j'arpente Ste-Cath de Berri à Peel... puis reviens sur mes pas avec mes achats, presto. J'en suis au complexe Desjardins, face à l'éternel chantier qu'est devenu la place des Arts. J'arpente mon ipod pour la suite de la route. Pour moi, en rétrospective, sans doute 2009 fut l'un des plus fastes millésimes musicaux récents. Dans mes oreilles, cependant, un Yann Tiersen déjà suranné écrit pour le film Goodbye Lenin. La touche de l'accordéon semble étrangement guider la chute des fins cristaux qui s'empilent au sol. Je lève la tête, debout en plein centre du cercle de pavés que, certainement, aucun convive du bal débile, n'a de temps pour remarquer. Donc, conscient de la chance que j'ai d'être immobile, je m'arrête un peu, je ferme les yeux et tourne sur moi-même le temps d'une chanson. Qu'importe, en ce moment, je, quidam des quidams, n'ai plus vingt ans; je n'en ai pas quatre-vingt non plus. On a toujours la vie devant soi quand on s'arrête pour faire le point sur celle qui, déjà, fuit derrière nous.

samedi 21 novembre 2009

Zeitgeist

La semaine dernière, samedi matin, aller-retour au dépanneur du coin pour acheter un journal. Musique de Bach dans le système de son cheap, mais système de son quand même, Jimmy est bien assis derrière son comptoir avec son violon qu'il tient comme une guitare; il pratique souvent en silence durant les périodes creuses.

Dans le confort tout relatif de mon vieux fauteuil, je passe en revue les cahiers avant de commencer ma lecture sélective. En première page, on publie un article de Stéphane Baillargeon (qui cite Andreas Kluth, The Economist) sur l'avenir de la presse écrite (L'information ne s'est jamais mieux portée). Je l'ai presque sauté, vite agacé que je suis par l'actualité redondante, surtout l'amplification journalistique appliquée au journalisme...

Kluth parle de Zeitgeist, l'esprit du temps. Selon Wikipedia: "Le Zeitgeist reflète une conception du monde prévalente à une période particulière de l'évolution socio-culturelle." Un mot très bien placé qui m'a poussé, après ma lecture, à réfléchir à mes propres habitudes de consommation d'information...

Oui, nous sommes plus que jamais inondés d'actualité mais plus souvent qu'autrement, rien de "nouveau" dans les nouvelles. On nous remâche les mêmes sujets jusqu'à l'écoeurantite. On a eu beau critiquer nos voisins et le rôle des médias dans leur politique de la peur érigée en système, je crois que leur situation s'apparente à la nôtre. Chez nous, d'une façon différente, sans mettre des lunettes de théoriciens du complot, je crois que les journalistes font leur travail. Le problème c'est qu'on les entends, on les voit, on les lit partout. Et la vérité, c'est qu'il ne se passe pas grand chose digne de mention près de chez nous, alors on en reparle et reparle, sur toutes les plate-forme possibles.

Alors donc, j'ai décidé, moi aussi, de varier mes sources d'information mais surtout, de les sélectionner. J'ai déjà un compte Google et j'avais déjà vu qu'une application "Google Reader" venait avec le package. Un peu d'exploration, quelques recherches pour trouver des équivalents et des alternatives à ce que j'avais comme paperasse sur mon bureau, blogs éparpillés... et le tour est joué! Mes feeds sont accessibles où je veux, mais surtout, quand je veux. Pour l'instant, je consommerai l'info comme ça et, si un jour je me tanne encore, il pourrait être divertissant, voire informatif, sans sortir de chez moi, de lire les nouvelles locales du Bhoutan ou de Pologne, c'est-à-dire nulle part !

jeudi 25 décembre 2008

Le dindon de la farce

On mange toujours, au moins une fois, de la dinde durant le temps des fêtes... mais que connaît-on sur cet étrange animal? Je vous sers ici un condensé sur les origines des ces volatiles bestioles, lisez ce qui suit, bien croupioné sur votre siège:

Les espagnols lui donnèrent le nom de « poule d'inde », dans la même veine que le blé d'inde... Quelle confusion fût crée par la découverte de l'Amérique? Donc « dinde » pour nous, « turkey » pour les anglais, pour les turcs « hindi » et les indiens « peru ». Le dindon peut être fier d'avoir généré un tel imbroglio!

Qu'en est-il de la farce? Intermède comique dans les représentations, au moyen-âge. On appelait « pères dindons » des personnages se trouvant ridiculisés par leur fils peu respectueux. Ceci pose par contre un mince problème de chronologie; si les gallinacés furent ramenés au 16e siècle qu'était donc alors un dindon... ?



Dindon de la farce ou farce du dindon?
Étrange animal. Indeed.

Dindon, ça sonne à la porte, mes invités arrivent ;-)

lundi 15 décembre 2008

J'ai bien ri...

Lancer ses chaussures au président des États-unis. En soi, l'acte est gratuit mais aussi symbolique. On peut aussi extrapoler un peu sur le fait qu'on doit se déchausser lorsqu'on entre dans une mosquée, c'est un signe de respect... quand on entre chez quelqu'un ;-)

À noter également la finesse et l'agilité dont fait preuve Mr. B pour esquiver les « projectiles »

Pour ceux qui n'auraient pas encore vu: http://www.youtube.com/watch?v=VFX-dKpcDz8