Sans avoir ni l'expertise, ... ni la prétention de faire ici de moi un critique artistique, voici quand même un récit de mon dernier voyage:
J'ai récemment visité l'exposition Cubes, blocs et autres espaces présentée au MACM. Le site du musée parle d'une réflexion sur la ville et le quotidien. Difficile de croire en ce fil conducteur à la vue des oeuvres qui y sont présentées. On distingue cependant une cohérence quant à la méthode, aux matériaux, à la vision proposée qui porte sur le matérialisme de la création au sens physique. Ce qui me meut toujours dans l'art visuel est justement sa capacité à transmettre des émotions, sans doute très personnelles, au travers de ces blocs que l'artiste dispose de manière à susciter quelques impressions chez le spectateur, ce qui est particulièrement vrai dans le cas de l'art contemporain. Ici, donc, la démarche artistique, les moyens, sont au premier plan et forment en quelque sorte la finalité recherchée.
Conjointement, on nous propose une autre expérience dans la série Projections: Mamori, un court-métrage de Karl Lemieux qui met en scène la musique de Francisco Lopez à travers un film d'animations abstraites où on ne distingue absolument rien de précis. Le sujet en est la forêt amazonienne, dans la trame sonore du moins, le sujet y est abordé de façon on ne peut plus explicite; le défilement des images par contre, requiert une plus grande persévérance de la part du spectateur.
L'exploration de cette nature plus grande qu'elle se fait par l'expression macroscopique du mouvement dans un cadre monochrome déconcertant lorsque mis en relation avec le spectre tropical. On perçoit toute l'ambivalence de Pachamama , entre puissance et calme qui transpire partout dans cet environnement hostile à travers un orage torrentiel, diluvien, nocturne et diurne.
Seulement que serait cette luxuriance n'eût été de la faune omniprésente qui, par volonté artistique ou vision divergente se trouve repoussée à l'arrière-plan, en ostinato . Par conséquent, le soliste est manifestement la tempête et tout dans le film s'accorde pour lui laisser l'avant-scène. La durée totale ne dépassant pas les 10 min, j'ai écouté quelques fois en boucle. Et c'est là, dans la répétition, qu'apparaît l'essence même du court-métrage de Lemieux; la vision circadienne de cette forêt tellement vivante, rythmée et fragile. Mamori, un lac dans la jungle brésilienne est le théatre de cette création mais c'est aussi un mot japonais qui signifie protection. Tout le message est là !
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